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Italie

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Fête du cinéma 2026 : Soufflait le vent... avec Débordements

Au début des années 1970, l'Italie se retrouve dans ce qu'on aura qualifié d'une « époque schizophrène » : après s’être libéré d’un fascisme qu’il a vu naître, le pays louvoie vers un avenir incertain. Se rencontrent alors le consumérisme étourdi du boom économique des années 1960, les moeurs conservatrices d’un pays qui n’a pas encore les deux pieds dans la modernité et le début des années de plomb, bataille politique et idéologique maculée d'attentats qui mènera à la fin de l'espoir d'un pays dirigé par la gauche. Combat de la rue, combat des idées, combat culturel, le cinéma italien habité d’intellectuels de gauche s'est retrouvé à suivre les afflux et crises qui secouaient le pays, devenant par cette entremise le miroir et l’outil d’une lutte. A côté de films militants il s’est aussi fait le témoin d’une approche réflexive critique sur la limite de ses propres modes d’action.

Les trois films montrés manifestent cette névrose : comment penser la lutte à partir de gens qui ne luttent pas ou ne luttent plus ? Les ouvriers de Lina Wertmüller et Elio Petri n’ont pas le temps d’y penser, trop accaparés qu’ils sont par un système qui les aliène et le cinéaste qu'est Nanni Moretti hanté par ses fantômes pousse des cris que plus personne ne souhaite entendre ou comprendre. Mais comme écrivait Roland Barthes, « voir quelqu'un ne pas voir, c'est la meilleure façon de voir intensément ce qu'il ne voit pas ». Voir, montrer, c’est déjà poser les outils de la lutte.

Rencontre avec Ainhoa Feodoroff 

Dimanche 28 juin 2026 :

15h : Mimi métallo
17h30 : La classe ouvrière va au paradis + film surprise 
21h : Vers un avenir radieux